Hier matin, But présentait son nouveau catalogue à la presse, avec pour invité d’honneur, André Manoukian ! Oui, le musicien de jazz était présent pour nous raconter son aventure avec la marque ainsi que ses créations destinées à la nouvelle collection But, dont certaines vous ont d’ores et déjà été dévoilées sur Quartier Maison. Comme tout mordu de musique qui se respecte, il n’a pas manqué de nous jouer un morceau de piano ! On a adoré. Vous l’avez compris, c’était décidément l’occasion idéale de rencontrer le très poétique André Manoukian.
Le catalogue de rentrée 2011/2012 de But dévoile l’intérieur idéal vu par André Manoukian, qu’est ce qui vous a séduit dans l’idée de travailler avec But ?
Quand on m’a proposé de faire trois pages du catalogue sur mon intérieur idéal, j’ai réalisé que je m’étais jusqu’à présent moi-même exclu de l’univers de la maison, persuadé qu’il était réservé au domaine féminin. Du coup, j’ai trouvé que l’aventure était amusante. D’ailleurs, j’ai découvert plein de choses sur moi : je me suis aperçu de l’importance des meubles, de l’environnement dans lequel on vit. Aujourd’hui quand je regarde les pages du catalogue, je me dis que j’aimerais bien que ça soit comme ça chez moi ! (rires)
Comment avez-vous utilisé votre expérience musicale pour designer des meubles ou des accessoires déco ?
J’ai travaillé avec des équipes de stylistes qui m’ont posé beaucoup de questions sur mes goûts, mes influences, mes envies. Finalement, ce sont les mêmes questions que je me pose pour la musique de manière inconsciente. On était donc exactement dans la même démarche ! Je m’y suis également retrouvé dans l’aspect collectif. Quand je fais un album avec des musiciens, on est plusieurs à élaborer l’album, et puis l’idée c’est d’harmoniser le tout. Là, le processus créatif était très similaire à mon processus musical.
Y-a-t-il un meuble créé pour But dont vous êtes particulièrement fier ?
La table à tréteaux avec le mètre incrusté et puis la malle de bureau en forme de Fly Case. Enfin, ce n’est pas que j’en suis particulièrement fier, mais la table me rappelle mon père, c’est une table de tailleur sur laquelle on a envie de travailler. En plus cette notion de mesure qui y est intégrée me plaît particulièrement, j’ai voulu qu’elle ressemble à une table d’artisan un peu usée. Et j’aime le concept du Flight Case pour pouvoir emporter son travail partout avec soi !
Quelles ont été vos inspirations ?
Hormis la musique, la philosophie ! Les petites sentences sur les coussins « ceci n’est pas vintage », « ceci n’est pas une pensée philosophique » en sont de véritables petits clin d’œil. J’aime aussi beaucoup les meubles bibliothèques, donc forcément, je m’en suis également inspirés.
Avez-vous un objet culte ?
Spontanément me viennent à l’esprit deux figurines en papier mâché que j’ai achetées avec ma fiancée. Elles représentent deux têtes indiennes de style naïf avec des grands yeux, et me font penser à l’entrée des maisons étrusques où l’on est accueilli par une mosaïque de Monsieur et de Madame. C’est un peu notre emblème. Je regarde ces deux têtes qui trônent sur ma bibliothèque, et je me dis c’est elle et moi ! C’est comme un couple bienveillant qui dit à la fois « bienvenue » et « vous serez bien reçu ».
Pour finir, parlez-nous de votre voyage en Indonésie où vous avez découvert le lieu de fabrication des meubles But.
Au-delà du voyage, du pays fabuleux que je découvrais et de toute la philosophie zen qui va avec, la dimension écologique du travail sur l’île m’a beaucoup touchée. J’ai découvert à quel point les normes européennes obligent les gens à travailler sur l’environnement. Tous les meubles en bois qu’ils créent sont des meubles traçables. Autrement dit, pour un arbre coupé, dix sont replantés, les forêts sont constamment en renouvellement. J’en ai visité des gigantesques qui avait poussé en 30 ans à peine ! Du coup, j’ai réalisé que les industriels et les marchands que l’on accable de tous les maux de la planète avaient finalement une vraie action bénéfique sur l’écologie. Mais j’ai aussi découvert des gens qui travaillent en petites unités artisanales dans un cadre incroyable. Ils sculptent le bois dans leur atelier, leur famille est à leur côté et au fond, on voit passer un buffle ! (rires)
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